A vous tous qui cherchez la paix

A vous tous qui cherchez la paix en ce mois de juillet 2016

Intention de prière : l’Europe sous le patronage de St Benoît

 Messager de paix, artisan d’union, maître de civilisation, et, avant tout, un hérault de la religion du Christ, et fondateur de la vie monastique en Occident, tels sont les titres qui justifient la glorification de saint Benoît, abbé. Alors que s’écroulait l’Empire romain désormais à son terme, que des régions de l’Europe s’enfonçaient dans les ténèbres, et que d’autres ne connaissaient pas encore la civilisation et les valeurs spirituelles, ce fut lui, Benoît, qui, par son effort constant et assidu, fit se lever sur notre continent l’aurore d’une ère nouvelle. C’est principalement lui et ses fils qui, avec la croix, le livre et la charrue, apporteront le progrès chrétien aux populations s’étendant de la Méditerranée à la Scandinavie, de l’Irlande aux plaines de la Pologne.

Avec la croix, c’est-à-dire avec la Loi du Christ, il affermit et développa l’organisation de la vie publique et privée. Il convient de rappeler qu’il enseigna aux hommes la primauté du Culte divin avec l’Opus Dei, c’est-à-dire la prière liturgique. C’est ainsi qu’il cimenta cette unité spirituelle de l’Europe grâce à laquelle des peuples de langues, de races et cultures diverses prirent conscience de constituer l’insigne peuple de Dieu ; unité qui, grâce à l’effort constant de ces moines qui se mettaient à la suite d’un maître si remarquable, devint la caractéristique du Moyen Age. Cette unité, ainsi que l’affirme saint Augustin, est « le modèle de toute beauté ». Elle a malheureusement été brisée par les vicissitudes de l’histoire, et aujourd’hui tous les hommes de bonne volonté travaillent à la rétablir.

Avec le livre, ensuite, c’est-à-dire avec la culture, au moment où le patrimoine humaniste allait se perdre, saint Benoît, en donnant, à tant de monastères, renommée et autorité, a sauvé avec une sollicitude providentielle la tradition classique des Anciens en la transmettant intacte à la postérité et en restaurant le culte du savoir.

Et enfin avec la charrue, c’est-à-dire avec l’agriculture et d’autres initiatives analogues, il réussit à transformer des terres désertiques et incultes en champs très fertiles et en gracieux jardins. En unissant la prière au travail manuel, selon son mot fameux : « ora et labora », il ennoblit et éleva le travail de l’homme.

C’est en ces termes que le Bienheureux pape Paul VI déclarait, le 24 Octobre 1964, « Saint Benoît, patron de l’Europe. » Les premiers mots «  Messager de paix » disent plus que jamais le programme qu’il nous faut continuer à mettre en œuvre à l’heure où l’Europe traverse la crise la plus grave depuis la signature du Traité de Rome, le 25 mars 1957.

Dans la Lettre de Justice et Paix d’Avril 2016, l’éditorial est intitulé : « Construction européenne : comment relancer la dynamique ? » L’analyse des causes du malaise actuel et la prise de conscience des défis à relever obligent qui veut être, comme St Benoît, le fut à son époque, messager de paix. L’auteur de l’éditorial conclut : « L’Union européenne ne peut être tenue pour un acquis définitif. Au fil des élargissements, les peuples qui la constituent semblent avoir perdu de vue sa finalité et les contraintes qu’elle impose, notamment en matière de solidarité. Des initiatives nouvelles sont aujourd’hui devenues indispensables pour retrouver la dynamique des premiers temps de sa fondation. » (www.justice-paix.cef.fr / n° 212 – avril 2016) Portons dans notre prière ces « initiatives nouvelles » pour qu’elles portent des fruits de paix pour tous.

 

En ce mois de juillet où l’Eglise fête Saint Benoît, proclamé « patron de l’Europe » nous te prions pour l’Europe des nations à la recherche d’une nouvelle dynamique d’unité.

Pour que les dirigeants n’oublient pas les racines chrétiennes de l’Europe et la dimension spirituelle des aspirations qui se font jour.

Pour qu’au-delà des différences légitimes, nous sachions construire un monde de paix.   

 

Avec vous pour prier Saint Benoît le 11 juillet pour les moines et les moniales et pour l’Europe. Frère Joël et l’équipe de rédaction de l’Abbaye de Tournay