LA JOIE DE L’AMOUR

LA JOIE DE L’AMOUR 

                                                           Réseau SEDIRE CMDF

Dans un texte fourni mais d’une grande cohérence, au langage simple, accessible, réaliste, le pape François, s’appuyant largement sur les deux synodes ainsi que sur ses écrits précédents, notamment  Evangelii Gaudium,  nous montre une Église qui a su écouter les familles, qui les connaît bien, qui veut les accueillir avec leurs joies mais aussi leurs soucis, les accompagner avec leurs blessures, sans les juger, mais en proposant sans cesse la miséricorde  « qui ne doit être refusée à personne ». Il attire l’attention « contre la prétention de tout résoudre en appliquant des normes générales ou bien en tirant des conclusions excessives à partir de certaines réflexions théologiques. » (AL 2)

Donc, ce n’est plus un rappel constant à la loi, mais c’est la pédagogie divine qui doit animer les pasteurs. Car «  personne ne peut être condamné pour toujours parce que ce n’est pas la logique de l’Evangile » ( AL 297). L’accent est mis sur la conscience éclairée (AL 37) qui va guider la personne dans un discernement personnel, mais en Église, vers son chemin de vie.

Plus largement encore, il appelle à une conversion de toutes nos communautés, à une démarche synodale qui ne laisse personne pour toujours sur le bord du chemin. Il constate que l’année de la miséricorde est justement l’occasion d’exercer concrètement les œuvres de miséricorde.

Le pape François rappelle  que le mariage chrétien vécu dans l’engagement et la durée est un chemin de croissance et un lieu propice à l’accueil et à l’éducation des enfants. Il éclaire les différents chemins pastoraux pour l’accueil et l’accompagnement de tous les couples quelle que soit leur situation, notamment lors de la préparation au mariage, mais aussi à toutes les étapes de la vie. Il  désire également instaurer un ministère dédié pour accompagner toutes les personnes en situations de rupture, de divorce, de solitude, de deuil et souhaite que les prêtres et les laïcs se forment à l’accompagnement et à l’aide au discernement.

Ce changement de paradigme sera-t-il entendu, compris, accepté ?

Déjà certains se refusent à voir du nouveau dans l’exhortation et œuvrent pour en rester au statu quo.

Comment réaliser l’articulation entre le discernement personnel, ancré dans le réel, non conformé à un idéal et une décision signifiée en Église ?

Qui discerne ? Que doit-on discerner  ?  Comment le préciser ?  Pour quelle issue ? Quelle est la juste place de l’accompagnateur ?

En ce qui concerne l’emblématique question du retour aux sacrements pour les personnes divorcées engagées dans une nouvelle union, une lecture attentive des paragraphes 300 et 305, ainsi que les notes de bas de page, en particulier la note 351 rappelant Evangelii Gaudium (44 et 47) confirme que « la communion n’est pas une récompense destinée aux justes, mais un généreux remède pour les malades » et que « même la porte des sacrements ne devraient pas se fermer pour n’importe quelle raison »  (EG 47).

S’appuyant sur ces réflexions et sur tout l’esprit des homélies du pape François et de ses catéchèses, un certain nombre d’évêques ont déjà pris une position claire, comme Mgr Jean-Paul Vesco  en faveur du sacrement du pardon.

Vraiment une route vers les sacrements s’ouvre pour celui qui en prend sincèrement le chemin.

Proposition d’un WEnd de formation: invitation WE des 3 et 4 decembre 2016