La leçon d’une grand-mère

Messe du Pape à Sainte-Marthe

L’invitation à avoir « un regard pénétrant », qui sait aller au-delà pour voir et dire la vérité, a été relancée par le Pape François au cours de la Messe célébrée dans la matinée du lundi 14 décembre, dans la chapelle de la maison Sainte-Marthe.

« Dans la première lecture – a immédiatement fait remarquer le Pape – nous avons écouté un passage du livre des Nombres » (24, 2-7,15-17) sur « l’histoire de Balaam: c’était un prophète, mais c’était également un homme qui avait ses défauts, et même des péchés ».

« Balaam – a-t-il expliqué – a été « loué » par un certain Balaq, général et roi, qui voulut détruire le peuple de Dieu. Et il l’envoya prophétiser contre le peuple de Dieu ». Mais « sur le chemin, Balaam rencontre l’ange du Seigneur et s’opère une conversion de son cœur, qui voit la vérité ».

Mais « qu’est-il arrivé au cœur de Balaam? ». Le fait est, a dit François, qu’« il a ouvert son cœur et le Seigneur lui a donné la vertu de l’espérance ». Et « l’espérance est cette vertu chrétienne que nous avons comme un grand don du Seigneur et qui nous fait voir loin, au-delà des problèmes, des douleurs, des difficultés, au-delà de nos péchés ». Elle nous fait « voir la beauté de Dieu ».

« Espérance », donc, est la parole clé. Et « quand je suis avec une personne qui possède cette vertu de l’espérance et qui se trouve à un moment difficile de sa vie – que ce soit à cause de la maladie, de la préoccupation pour un fils ou une fille ou quelqu’un de la famille, quelle que soit la raison – mais qu’elle a cette vertu, dans la douleur, elle a l’œil pénétrant, elle a la liberté de voir au-delà, toujours au-delà ». Et cela est précisément « l’espérance, c’est la prophétie que nous donne aujourd’hui l’Eglise: elle veut des hommes et des femmes d’espérance, même au milieu des problèmes ». Parce que « l’espérance ouvre des horizons, l’espérance est libre, elle n’est pas esclave, elle trouve une place pour résoudre une situation ».

Dans le passage de l’Evangile de Matthieu (21, 23-27) proposé par la liturgie, a-t-il poursuivi, « nous voyons en revanche les hommes qui n’ont pas cette liberté, ils n’ont pas d’horizons, ce sont des hommes fermés sur leurs calculs ». Mais, a souligné le Pape, « les calculs humains ferment le cœur, ferment la liberté ». C’est « l’espérance » qui « nous rend légers ». Voilà que « cette hypocrisie des docteurs de la loi, qui est dans l’Evangile et qui ferme le cœur, nous rend esclaves: c’étaient des esclaves ».

« Comme la liberté, la magnanimité, l’espérance d’un homme et d’une femme d’Eglise sont belles », a assuré le Pape. Et « au contraire, comme la rigidité d’une femme et d’un homme d’Eglise sont mauvaises et font du mal: la rigidité cléricale, qui n’a pas d’espérance ».

« En cette année de la miséricorde – a dit le Pape – deux voies se présentent ».

D’une part, il y a « ceux qui placent leur espérance dans la miséricorde de Dieu et qui savent que Dieu est le Père », que « Dieu pardonne toujours, et tout » et que « au-delà du désert, il y a le baiser du Père, le pardon ».

Mais de l’autre côté, « il y a également ceux qui se réfugient dans leur esclavage, dans leur rigidité, et qui ne savent rien de la miséricorde de Dieu ». Ceux dont parle l’Evangile de Matthieu « étaient des docteurs, avaient étudié, mais leur science ne les a pas sauvés ».

« Je voudrais conclure par une anecdote qui m’est arrivée, en 1992. L’image de la Vierge de Fatima était arrivée dans mon diocèse. Lors d’une grande Messe pour les malades, je suis allé confesser. Et j’ai confessé de midi environ à dix-huit heures, lorsque la Messe a fini. Il y avait beaucoup de confesseurs ».

Précisément quand je me suis levé pour aller célébrer une confirmation ailleurs, une vieille dame, âgée de quatre-vingt ans, s’est approchée avec les yeux qui voyaient au-delà, ces yeux pleins d’espérance. Et « je lui ai dit: « Grand-mère, vous venez vous confesser? Mais vous n’avez pas péché! » ». A la réponse de la femme – « Père, nous en avons tous! » – Jorge Mario Bergoglio a relancé le dialogue: « Mais le Seigneur ne les pardonne-t-il pas? ». Et la dame, forte de son espérance, dit: « Dieu pardonne tout, parce que si Dieu ne pardonnait pas tout, le monde n’existerait pas! ».

 

VIS – Vatican Information Service. http://www.vis.va


Une réflexion sur “La leçon d’une grand-mère

  1. Ce texte qui arrive sur le blog à un moment familial difficile pour un des membres de ma famille, ce texte est un appui fort… « ESPÉRANCE « , donc, est la parole clé. La rigidité sans espérance fait du mal, oui! Je reprendrais, volontiers, le passage  » l’espérance, c’ est la prophétie que nous donne aujourd’hui l’Église: elle veut des hommes et des femmes d’espérance, même au milieu des problèmes. Parce que  » l’espérance ouvre des horizons, l’espérance est libre, elle n’est pas esclave, elle trouve une place pour résoudre une situation ».

    Merci pour cet apport sur le blog.

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